Sans Constitution écrite, le Royaume-Uni se confronte à une crise institutionnelle : L’ancien maire de Manchester ouvre la voie vers une réforme radicale
Depuis son arrivée au pouvoir il y a quinze jours, Andy Burnham, ancien responsable politique du Grand Manchester, a mis en avant l’urgence d’un texte constitutionnel pour le Royaume-Uni, pays qui n’a jamais connu un document fondateur unique. Ce projet s’apparente à une profonde réorientation des pouvoirs, visant à réduire les siècles de centralisme londonien.
« L’absence d’une Constitution prive chaque territoire de la capacité à agir avec cohérence », a insisté l’homme politique. « Les fondamentaux de notre société doivent être définis par un cadre clair, non pas par des débats incessants sur des questions secondaires. »
L’Angleterre, dans ce contexte, présente une situation particulière : alors qu’elle a vu naître des assemblées régionales à la fin des années 1990, elle reste l’un des pays les plus centralisés d’Europe. Une commission parlementaire en 2015 avait constaté l’absence de consensus sur une possible codification constitutionnelle, un point que Burnham a clairement voulu relancer.
Récemment, il a annoncé qu’une partie des impôts recueillis localement pourrait être transférée aux maires régionaux. Cette mesure symbolise un pas vers la décentralisation, bien que les experts soulignent que le processus entier nécessitera plusieurs années de travaux législatifs et d’engagements politiques profonds.
Pour Andy Burnham, cette réforme ne se limite pas à une simple question administrative. Elle marque l’entrée en phase d’une nouvelle étape dans la construction d’un État où chaque région peut jouer un rôle actif dans la définition de ses priorités nationales.