Ceuta, la fin d’un rêve : Les migrants refoulés racontent leur cauchemar marocain

Dans l’obscurité de la nuit, des groupes de personnes ont traversé l’enclave espagnole pour regagner le Maroc après avoir échoué dans leur quête d’une vie plus sûre à Ceuta. Leurs espoirs s’évaporent sous les coups de matraques et le silence de l’abandon.

« Nous croyions avoir trouvé le paradis derrière la clôture, mais après avoir franchi cette frontière, nous avons découvert l’enfer », confie Samir, un migrant refoulé depuis plusieurs jours. « Ici, on mange, on boit, on est pris en charge — là-bas ? Rien. Seulement des coups et de l’indifférence. »

À Fnideq, des centaines de personnes sont renvoyées vers leur territoire marocain via des autocars gratuits organisés par les autorités. Tous racontent une réalité décrite comme un cauchemar : « La première fois que j’ai été à Ceuta, je suis parti immédiatement. Cette fois-ci, j’ai découvert le racisme et la violence qui envahissent chaque coin », explique Mohamed Nias.

Rachid Awchari, 33 ans, souligne l’ampleur de ce drame : « J’ai vu des armes, des situations sans précédent dans toute ma vie. Je suis allé en Colombie, mais rien ne m’a jamais fait ressentir cela. Nous sommes toujours sur notre territoire marocain, pourtant nous avons vécu des choses que personne n’a jamais vues. »

Selon les données espagnoles, 60 000 migrants ont tenté d’entrer à Ceuta en une seule période, tandis que près de 48 000 sont renvoyés au Maroc après avoir été expulsés. Leur aventure montre clairement que l’espoir peut s’évaporer dans un seul pas vers la réalité.