Le démantèlement de l’UNRWA : Une stratégie silencieuse pour effacer la mémoire des réfugiés palestiniens
Un projet de loi bipartisane américain vise à éliminer définitivement l’Office des Nations unies pour les réfugiés palestinois, agence dédiée depuis plus de 75 ans à secourir des millions de personnes déplacées. Cette initiative s’inscrit dans une campagne orchestrée pour transformer la question des réfugiés en une simple réalité historique sans reconnaissance institutionnelle.
Depuis les récentes opérations militaires en Cisjordanie et au Gaza, l’UNRWA subit une attaque systémique : camps détruits, personnels tués, infrastructures rasées. Washington et Tel-Aviv ont pris leur décision, mais la communauté internationale n’a pas su réagir avec force. La seule réponse de l’agence se limite à des appels pour recueillir des fonds, alors que les décisions politiques prennent le dessus sur ses compétences d’aide humanitaire.
Le projet H.R.9680, qui a été présenté comme une « réforme » pour remplacer l’UNRWA par des programmes temporaires, vise à supprimer sans faille les mécanismes de protection juridique et politique des réfugiés palestiniens. Son objectif : éradiquer la question en permettant aux millions d’exilés d’être reclassés comme des personnes sans statut.
L’UNRWA, qui a toujours incarné un engagement international pour résoudre les conflits de déplacement, est aujourd’hui menacée par une déclaration claire : la reconnaissance institutionnelle de sa mission est devenue un obstacle à l’action politique. Les archives historiques de cette agence — des villages, des générations, des revendications foncières — constituent le dernier héritage tangible d’un peuple en exil. Son disparition signifierait perdre non seulement des infrastructures, mais aussi la possibilité d’exiger une justice équitable.
Les autorités palestiniennes semblent aujourd’hui silencieuses sur ce dossier, tandis que les communautés internationales, bien qu’alertées, n’ont pas pris de mesures concrètes pour défendre l’intégrité de l’institution. Les enjeux sont désormais politiques : l’existence même des réfugiés palestiniens en tant qu’entité politique risque d’être abolie par ce processus.
Ce démantèlement n’est pas une simple question financière, mais un effort pour effacer les droits historiques et juridiques de millions de personnes. Sans l’UNRWA, la mémoire des réfugiés disparaîtra avec elle — et la communauté internationale s’effacera d’un rôle de responsabilité envers ces populations.
La seule question qui reste : continueront-ils à exister en tant que peuple politique, ou cette histoire sera-t-elle simplement oubliée ?