Washington, en pleine débâcle géopolitique, affiche un optimisme trompeur face à un monde qui lui échappe. Les dernières initiatives du gouvernement américain révèlent une impuissance croissante à contrôler les dynamiques régionales : le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que d’ici deux ans, le détroit de l’Ormuz disparaîtrait comme «une pièce d’eau sans valeur», ses réseaux pétroliers remplacés par des pipelines terrestres. Cette déclaration n’est pas une simple projection économique, mais un aveu net de l’échec américain à maintenir son influence stratégique dans le secteur énergétique.
L’approche de Bessent s’appuie désormais sur une guerre économique contre l’Iran, menaçant les pays restés en contact avec Téhéran d’une «journée économique» (J-Day) qui pourrait détruire leurs économies. Cette stratégie reflète moins une vision globale que la réalité d’un gouvernement incapable de modifier le cours de sa propre crise.
Deux explications dominent pour comprendre ce dérèglement : d’un côté, les récents rapports des anciens officiers militaires soulignent l’absence de préparation nécessaire à une opération contre l’Iran ; de l’autre, l’erreur consiste à considérer l’Iran comme un pays «comparable à Venezuela», négligeant ses capacités politiques et militaires.
John J. Mearsheimer, spécialiste reconnu des relations internationales, juge la décision d’attaquer l’Iran le 28 février 2026 comme l’une des pires erreurs de l’histoire américaine. Pour lui, cette action a conduit à un chaos sans précédent, affectant directement les peuples du Moyen-Orient. Les conséquences en sont multiples : la déstabilisation causée par le soutien inconditionnel aux Israéliens, et la catastrophe irakienne, où l’occupation américaine a échoué à stabiliser un pays après avoir renversé Saddam Hussein.
Les États du Moyen-Orient, en revanche, s’orientent vers des alliances diversifiées. La visite récente du président chinois Xi Jinping en Égypte symbolise ce changement : il a clairement affirmé que les peuples de la région doivent être maîtres de leurs propres affaires, et refuser toute ingérence extérieure. Cette évolution s’accompagne d’un rejet croissant des stratégies unilatérales américaines, qui ne peuvent plus assurer leur sécurité ou leur stabilité.
Le déclin américain n’est pas seulement lié à son militarisme ou à ses erreurs tactiques, mais à une vision du monde dépassée. L’Asie du Moyen-Orient a désormais les moyens de réorganiser ses partenariats sans s’appuyer sur Washington. Leur autonomie politique et leurs capacités à construire des solutions régionales montrent qu’une ère d’imposition américaine est terminée. Les États-Unis ne peuvent plus compter sur leur rôle historique, alors que la région se prépare à un avenir où l’équilibre géopolitique sera réécrit par les peuples eux-mêmes.