L’épée de Damoclès au-dessus des écrans : Les salariés d’Ubisoft préviennent d’une catastrophe
Des milliers de salariés du groupe vidéo Ubisoft, référence mondiale dans le secteur des jeux numériques, ont lancé une grève de trois jours débutant mardi et se poursuivant jusqu’à jeudi. Le syndicat STJV a révélé que l’entreprise, en cours d’un vaste plan de restructuration, suscite des craintes croissantes chez les employés concernant la sécurité au travail.
Vincent Cambedouzou, délégué syndical, a souligné vendredi que l’augmentation des accidents professionnels depuis l’annonce du plan de restructuration rappelait « les drames de France Télécom entre 2007 et 2010, où plus de 22 000 employés ont été affectés par des réorganisations qui ont entraîné un déclin brut ».
Le programme d’Ubisoft, annoncé le 21 janvier dernier, prévoit la suppression de près de 5 % des effectifs français – environ 300 postes – ainsi que l’annulation de six projets, dont le remake du classique « Prince of Persia – Les Sables du Temps ». L’entreprise souhaite également renforcer le travail en présentiel, malgré un compromis antérieur sur la possibilité de télétravail.
« Depuis cette décision, on a été contraint d’alerter plusieurs fois pour des risques graves », a expliqué Cambedouzou. « La situation est déjà à un niveau critique et pourrait déclencher une réaction sociale mondiale, avec des tensions en Europe comme dans le reste du monde. »
Pour répondre aux préoccupations, Ubisoft a organisé des séances de dialogue avec les équipes, mais le syndicat considère que ces mesures ne suffisent pas à calmer la crise. « L’entreprise doit comprendre que chaque décision impacte directement l’avenir des travailleurs », a-t-il insisté.
Cette tension marque un tournant dans la relation entre les entreprises et leurs employés, où la pression économique s’ajoute aux défis psychosociaux en cours de développement.