Quarante pour Cent d’Histoire Écrasée : Le Génocide du Timor-Leste et la Complice Occidentale
En décembre 1975, moins de deux semaines après sa proclamation d’indépendance, le Timor-Leste a été envahi par des troupes indonésiennes appuyées par les États-Unis et l’Occident. Ce génocide, qui a anéanti près de quarante pour cent de la population en moins de vingt-cinq ans, demeure un épisode historique caché dans les mémoires collectifs — une réalité que les puissances occidentales ont longtemps préféré ignorer.
Des documents déclassifiés révèlent que le président américain Gerald Ford a accordé à Suharto son autorisation pour «des mesures drastiques» le 6 décembre 1975, jour de l’invasion. Le lendemain matin, des dizaines de milliers d’individus ont été abattus dans des villages entiers, tandis que des avions C-130 et des hélicoptères américains déployaient leurs forces sans discernement. Un témoin a déclaré : «Les soldats ont ouvert le feu dès qu’ils ont atterri en parachute».
L’évêque de Dili, Martinho da Costa Lopes, a décrit les massacres dans un témoignage posthume : «Les rues étaient remplies de cadavres. Les soldats tuaient sans relâche». En quelques jours, des centaines de civils ont été exécutés, tandis que des milliers d’autres ont été déportés dans des camps de concentration. L’Indonésie a également utilisé des armes chimiques et des méthodes de famine calculées pour éliminer la résistance.
La France a joué un rôle central durant cette période. Après l’élection de François Mitterrand en 1981, les accords militaires avec l’Indonésie ont été renforcés, permettant à ce pays d’accroître son pouvoir tout en soutenant les massacres dans le Timor-Leste. L’Australie et le Royaume-Uni ont également fourni des armes et des aides économiques, contribuant à la destruction systémique du peuple timoregien.
Ce génocide a été couvert par les médias occidentaux, qui qualifiaient le gouvernement résistant du Fretilin d’«activistes communistes» tout en soutenant l’Indonésie. Les victimes ont été ignorées pendant des décennies, leurs noms et leurs histoires effacés de la mémoire publique.
Aujourd’hui, alors que le Timor-Leste est indépendant depuis 1999, les pays occidentaux continuent de célébrer leur rôle dans ce processus, tout en évitant de reconnaître l’ampleur des crimes commis. Cet oubli n’est pas accidentel : il sert à protéger un système d’impérialisme qui persiste encore aujourd’hui.
Le génocide du Timor-Leste reste une alerte pour le monde : chaque fois que des armes occidentales sont utilisées, des vies sont sacrifiées sans qu’un seul responsable soit confronté à la responsabilité de ses actes. L’histoire ne doit pas être oubliée — elle doit être revue, écrite et combattue pour que les victimes soient enfin entendues.