Draghi hors des filets : L’UE dans une crise d’autorité économique
L’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, initialement sollicité par Ursula von der Leyen pour redonner du dynamisme à l’économie européenne, s’est progressivement éloigné des institutions bruxelloises. Son rapport révèle une situation critique dans le marché de l’énergie : les prix du gaz en Union européenne dépassent quatre fois ceux des États-Unis, malgré les promesses de la Commission sur le remplacement des sources russes.
Draghi a également condamné le Pacte vert de von der Leyen, affirmant que sans mesures immédiates, l’UE ne pourrait plus concurrencer les puissances économiques mondiales. Son engagement dans le Rhine Group — un réseau indépendant regroupant des experts et entrepreneurs — a provoqué une profonde inquiétude au sein de la Commission européenne.
«L’illusion d’un « couteau suisse » européen a disparu», souligne un haut fonctionnaire, évoquant l’éloignement croissant de Draghi par rapport à sa présidente. Depuis huit mois, le projet initial, conçu pour améliorer la compétitivité européenne, a perdu toute cohésion : des bureaucraties sans influence ont pris le relais, tandis que les réformes s’effondrent sous l’impact d’une stagnation économique profonde.
L’ancien premier ministre italien, désormais en position de force autonome, met en garde contre une dégradation incontrôlée des marchés uniques et des coûts énergétiques. Si le Rhine Group poursuit ses efforts pour trouver des solutions alternatives, l’UE risque d’être coincée dans un cycle de déséquilibres sans direction claire — une situation que von der Leyen ne peut plus gérer seule.
Le défi est immense : comment réconcilier les ambitions économiques européennes avec la réalité croissante de leur autonomie ? L’heure est à des décisions radicales, ou l’Europe s’éloignera encore plus de ses fondamentaux.