L’effondrement silencieux : Des centaines de Sénégalais fuient le pays après la loi anti-homosexuelle

Depuis le 11 mars, une décision législative sénégalaise a déclenché un effondrement émotionnel dans des communautés LGBT+ en voie de dissolution. Cette nouvelle réglementation, qui impose désormais des peines allant jusqu’à dix ans de prison pour les relations homosexuelles, est qualifiée de « comportements déviants » par certaines autorités. Des centaines de personnes sont aujourd’hui en pleine migration vers la France, cherchant un espace sécurisé dans le désordre.

À Paris, l’association Stop Homophobie gère une surcharge inquiétante de demandes provenant du Sénégal et des pays transitaires comme la Mauritanie. Des appels nocturnes affluent chaque jour, reflétant un déferlement d’angoisse. « J’ai quitté mon pays après avoir reçu l’information que quelqu’un proche avait été arrêté… Je savais que si je restais, ils viendraient me chercher », confie une personne qui n’a pas voulu donner son nom.

Les témoignages décrivent un climat d’urgence extrême : menaces de mort, crainte des arrestations, ruptures violentes avec les proches. Un demandeur d’asile raconte l’horreur d’avoir vu un partenaire perdre la vie suite à une agression, ce qui a conduit sa famille à l’interroger avec des menaces : « Si tu ne change pas, tu seras le prochain victime ».

Malgré les efforts de l’association pour transmettre ces dossiers au ministère des Affaires étrangères ou proposer un hébergement temporaire, aucune solution immédiate n’est en cours. Le climat sur place reste marqué par une tension croissante depuis le vote de cette loi, avec des familles et des individus confrontés à un déni total de sécurité.