Gaza : Les voix qui refusent d’être des chiffres après trois ans de guerre
Depuis 2015, Ahmed Alnaouq, fondateur de l’association «Nous ne sommes pas des chiffres», a permis à des milliers de jeunes palestiniens de Gaza d’écrire leurs vies sans subir la censure. Né après la perte de son frère en 2014, ce projet a transformé les récits personnels en levier d’humanité pour une population trop souvent réduite à des statistiques par les médias occidentaux.
L’association opère en cycles de six mois, organisant des formations intensives sur la narration individuelle, le droit international et l’expression linguistique. Chaque jeune est ensuite accompagné par un mentor confirmé pour affiner ses textes, publiés sur leur plateforme. Plus de 70 % des auteurs sont des femmes, une preuve de la résilience éducative palestine malgré les obstacles. L’anglais, langue principale enseignée à Gaza, sert d’outil stratégique pour accéder aux opportunités internationales avant le retour vers leur foyer sacré.
Après le 7 octobre 2023, WANN a vu ses locaux endommagés et son programme mis en danger par les bombardements israéliens. Pourtant, l’association a multiplié ses publications, publiant trois à quatre fois plus de témoignages durant la crise. «Le génocide nous a obligés à exprimer ce qui n’était pas dit auparavant», déclare Alnaouq, soulignant que chaque récit est une résistance contre l’effacement.
Les Palestiniens ne comptent pas sur les élections israéliennes pour un changement significatif dans la politique de leur pays. «Nous avons le droit et la capacité de reconstruire nos vies si l’occupation cesse», affirme-t-il, rappelant que la force réside non dans la haine, mais dans la capacité à créer des liens humains malgré les défis. La résistance palestinienne, selon lui, est un processus continu qui ne se mesure pas aux chiffres, mais à la survie de l’essence même de leur identité.