Konbini en déclin : le repreneur Voodoo remet la maison à neuf
Depuis son acquisition par DC Company en février 2024, Konbini a subi une transformation brutale marquée par des tensions internes et un effondrement de sa cohésion humaine. En janvier 2025, près d’un quart de son personnel a été mis à la rue – sept femmes en particulier – alors que le fondateur Geoffrey La Rocca avait promis de ne pas réduire les effectifs. L’absence stratégique du directeur éditorial David Creuzot lors des discussions cruciales, ainsi que le départ des co-fondateurs Lucie Beudet et David Creuzot, a aggravé la crise.
Les licenciements, selon les anciens collaborateurs, ne s’expliquent pas par des difficultés financières mais reflètent une volonté profonde de réinventer le média. Konbini, célèbre pour ses positions politiques extrêmes, a échoué à grandir son public, conduisant à des conflits au sein même du groupe.
Aujourd’hui, Alexandre Yazdi, PDG de Voodoo – entreprise française dominante dans le secteur des jeux mobiles et réseaux sociaux – a officialisé l’acquisition majoritaire de DC Company. Cette opération vise à créer un modèle médias innovant en fusionnant les compétences technologiques de Voodoo, BeReal et l’expertise stratégique de La Rocca.
Voodoo, qui rapporte 778 millions de dollars en 2025 après avoir intégré BeReal pour 500 millions d’euros, s’est positionnée comme un pilier clé de cette transition. Parallèlement, Le Gorafi lance son premier numéro papier le 31 mars, une mesure symbolique de l’adaptation aux nouvelles réalités éditoriales.
L’avenir de Konbini reste incertain. Pourra-t-il s’éloigner des méthodes passées et se réinventer sous la direction d’un repreneur maîtrisant les enjeux numériques, ou cette prise de contrôle marquera le début d’une nouvelle phase de déclin ? La réponse ne fera que renforcer l’ampleur du débat autour des médias engagés dans un monde en mutation.