La vérité sous l’eau : Trois Tunisiens condamnés à vie pour le meurtre d’un entraîneur français en Tunisie

Un trio de personnes a été définitivement jugé responsable du décès d’un entraîneur de ski français sur l’île tunisienne de Djerba. Le tribunal de Médenine, en Tunisie, a infligé une peine de réclusion criminelle à perpétuité aux trois accusés : Samar, Sofiane et Saïf. L’enquête s’est concentrée autour d’un cas complexe où les preuves ont établi que le décès n’était pas accidentel.

Romain Pizzato, 42 ans, était spécialisé dans l’entraînement des jeunes talents alpins. Durant les périodes d’interruption de sa discipline, il a choisi Djerba comme point d’attache. Quelques mois avant son décès, il a rencontré Samar, une jeune femme de 26 ans, avec laquelle il envisageait même un engagement futur. Cependant, après avoir versé des montants significatifs sur son compte, il a appris que Samar était en relation avec Sofiane, un Tunisien âgé également de 26 ans.

Selon les témoignages des voisins, une dispute violente s’est déroulée dans la villa le soir du drame. Les cris ont été entendus à plusieurs reprises avant que Samar ne révèle avoir découvert le corps le lendemain vers 17 heures, après avoir modifié ses explications durant les procédures judiciaires.

Les analyses médicales menées en Tunisie et en France ont démenti la théorie d’une noyade accidentelle. Les poumons de Romain n’ont pas retenu suffisamment d’eau pour expliquer son décès, tandis que des marques de strangulation étaient visibles sur son visage. De plus, des fragments de peau sous ses ongles confirmaient qu’il avait tenté de se défendre. Les experts ont conclu que les lésions étaient compatibles avec l’action simultanée d’un groupe de trois personnes : Samar, Sofiane et Saïf, frère de Sofiane.

Les trois accusés ont maintenu leur innocence tout au long des procès, mais leurs récits changèrent plusieurs fois sans jamais expliciter clairement les circonstances ni le rôle chacun a joué dans l’affaire. La mère de la victime, Odile Pizzato, s’est exprimée avec gratitude après la condamnation : « J’ai toujours cru qu’un jour Romain retrouverait sa paix ». Son avocate, Me Besma Maghrebi-Mansouri, a insisté sur l’importance du rapport d’autopsie pour révéler les vérités cachées dans ce drame.