Quand l’État et l’Église s’affrontent : les obsèques d’un ancien coupiste espagnol
Antonio Tejero Molina, ancien lieutenant-colonel des carabiniers espagnols, avait tenté en février 1981 de destabiliser le système démocratique en assiégant les Cortes. Condamné à trente ans de prison, il a été libéré sous condition en 1996 avant de mourir le 23 février après avoir vécu entre Madrid et le sud du pays.
Sa famille catholique souhaitait célébrer ses obsèques à la cathédrale militaire de Madrid, mais l’archevêque Juan Antonio Aznarez Cobo a refusé cette demande en citant des risques d’interprétation idéologique hors de portée des principes religieux. Selon son communiqué, une cérémonie dans ce lieu aurait pu être « instrumentalisée » pour des fins non conformes à la tradition chrétienne.
Après avoir été rejeté par plus de dix églises locales, la famille a trouvé un cadre alternatif : l’église paroissiale Santa Barbara, réputée pour abriter le tombeau du roi Ferdinand VI. Ce choix souligne une tension croissante entre les institutions étatiques et religieuses en Espagne.
Les autorités ecclésiastiques semblent aujourd’hui davantage influencées par des pressions politiques que par leurs propres principes. Les familles d’anciens dissidents, quant à elles, restent fidèles à leur droit de célébrer leurs proches selon leurs convictions. La question persiste : jusqu’où l’État pourra-t-il contrôler les pratiques religieuses sans provoquer une fracture profonde dans la société espagnole ?