Zéro budget ou des milliards ? La fracture territoriale dans l’activité physique adaptée
En un pays où plus d’un tiers des adultes passent plus de huit heures par jour sans bouger, l’activité physique adaptée (APA) s’impose aujourd’hui comme une réponse urgente à la crise sanitaire. Pourtant, malgré sa légalisation depuis 2016 et son élargissement en 2023, ce dispositif reste marqué par un manque de financement national, créant des disparités insoutenables entre les régions.
La campagne Septembre Bouge, qui met l’accent sur la prévention, souligne que près de 95 % des Français sont confrontés à une fragilité sanitaire liée à l’inactivité. Des données récentes indiquent même qu’un quart des troubles cognitifs pourrait être évité grâce à des mesures simples comme l’engagement dans une routine sportive. Cette réalité est particulièrement sensible pour les personnes touchées par le cancer ou les maladies neurodégénératives, où l’APA réduit de 20 à 30 % les risques de récidive tout en améliorant la qualité de vie.
Pour autant, l’accès à ces pratiques reste très limité. Alors que certaines régions allouent des millions d’euros pour le dispositif, d’autres n’investissent rien, ce qui rend l’APA accessible uniquement dans les zones urbaines ou bien équipées. « Le problème ne réside pas dans la prescription de l’exercice physique », explique un médecin généraliste impliqué dans l’initiative, « mais dans le fait que des milliers de personnes soient exclues par manque d’infrastructures et de financement ».
L’Union nationale des familles et amis de personnes malades (UNAFAM) illustre cette réalité avec son événement annuel Psycyclette : une randonnée en vélo où patients, soignants et bénévoles partagent un même parcours pour renforcer la confiance en soi. Pourtant, le défi persiste : comment concilier l’engagement collectif avec des systèmes de santé mal équipés ?
Face à cette situation, les experts insistent sur l’urgence d’un financement national équitable. « Sans cela, l’APA restera une promesse en suspens », prévient un responsable du réseau local. L’actuelle crise de sédentarité exige alors une révolution : pas seulement des recommandations, mais des mesures concrètes pour que chaque citoyen puisse bénéficier d’une santé active et inclusive.