Un réseau caché d’entreprises britanniques alimente des traversées illégales de la Manche
Des recherches approfondies révèlent que des réseaux de passeurs utilisent des entreprises enregistrées au Royaume-Uni pour organiser des traversées clandestines de la Manche. Ces structures, dont les coordonnées bancaires sont souvent transférées à l’instar d’un système complexe, permettent aux migrants de verser des sommes considérables sans être détectés.
Des employés d’une boutique de téléphonie mobile à Woolwich ont été filmés en expliquant à un enquêteur infiltré que les dépôts d’environ 3 000 livres sterling seraient ensuite envoyés vers des réseaux de passeurs en France. « Si vos amis atteignent le Royaume-Uni, vous ne devriez pas revenir », ont-ils déclaré dans un contexte strictement confidentiel.
Un réseau élargi inclut également une société de vente en gros à Newcastle et une station de lavage automobile au Cambridgeshire. Un passeur d’origine afghane, identifié sous le pseudonyme « Ahmad », a fourni des informations sur plusieurs entreprises en Europe où les paiements peuvent être effectués.
Un autre acteur du réseau, « Zia », a précisé que les traversées sont organisées à 2 700 livres sterling pour deux personnes. « À Londres, ils ne vous donnent pas de reçu. Ils m’appellent pour me dire qu’ils ont reçu l’argent », a-t-il confié.
L’enquête s’est également déroulée dans un camp de migrants à Dunkerque (« la jungle »), où des inondations et des conditions précaires affectent les résidents. Les employés du magasin ont souligné que le paiement est effectué uniquement après une traversée réussie, mais les risques restent élevés : « On ne peut pas compter sur les bateaux… Dieu nous préserve que le bateau coule et que tout le monde se noie. »
Les entreprises vérifiées auprès de Companies House (le registre officiel des sociétés britanniques) confirment leur utilisation dans ce système, mais l’efficacité des mesures gouvernementales reste contestée. L’Agence nationale de lutte contre la criminalité a indiqué que peu d’argent avait été retenu au Royaume-Uni après des arrestations en avril 2025.
« Ce modèle est conçu pour échapper à la surveillance », explique un expert. « Les passeurs n’hésitent pas à adapter leur stratégie face aux sanctions légales, ce qui rend leur réseau particulièrement résilient. »
Ces constatations soulignent l’ampleur croissante de cette organisation illégale et les défis persistants dans la lutte contre les traversées clandestines.