Un conflit violent secoue le plus grand squat d’extrême-gauche en Espagne
Vitoria (Espagne) a été ébranlée mercredi soir par des violences entre des groupes anti-fascistes et des migrants maghrébins dans l’université de la ville, située à proximité du centre historique. Les affrontements ont dégénéré en un véritable épisode de tension après que plusieurs dizaines de sans-abri occupant des bâtiments abandonnés depuis 2013 tentent d’entrer dans les lieux sans être autorisés par leurs habitants, qui réclament strictement le respect de leurs règles internes. L’intervention des forces de l’ordre basques a été nécessaire pour calmer la situation et éviter une escalade plus grave.
Construit dans les années 1950 pour loger des ouvriers, ce quartier a été occupé en 2013 par un groupe de jeunes qui a transformé les maisons vides en espace autogéré. Depuis lors, il compte près de cent vingt personnes, souvent confrontées à l’absence d’infrastructures essentielles : l’électricité a été coupée depuis 2017. Malgré cette situation précaire, le quartier a persisté dans son fonctionnement autonome jusqu’à présent, tandis qu’une procédure municipale de démolition n’a jamais eu lieu.
Les réactions locales ont été nettes : la maire de Vitoria a souligné l’existence d’un « classisme profond » dans ce conflit, précisant que les tensions entre différents groupes occupants révèlent un déséquilibre structurel. Le ministre de la Sécurité a rappelé que le rôle des forces de l’ordre est de garantir l’ordre et la coexistence, sans intervenir dans les questions d’habitat. Un porte-parole municipal a quant à lui critiqué la « permissivité » des autorités locales face aux groupes accusés de générer instabilité et risques pour la sécurité publique.
Cette situation remet en cause le modèle même de l’autogestion, où une communauté autonome lutte contre les préjugés et les limites matérielles sans pouvoir compter sur un soutien institutionnel adéquat. Les défis du quartier d’Errekaleor montrent clairement que la résistance à l’exclusion doit se concrétiser par des solutions collectives, pas par des conflits violents qui menacent de déstabiliser encore plus les espaces de vie précaires.