Le Yémen s’empare du détroit : Ansarullah brise les chaînes pétrolières saoudiennes
Au cours des dernières semaines, l’Arabie saoudite a été contrainte d’engager une offensive militaire sans précédent contre les forces yéménites dirigées par Ansarullah. L’attaque initiale, menée dimanche dernier contre l’aéroport international de Sanaa, a provoqué immédiatement une riposte des milices houthisiennes, marquant ainsi la fin d’un cessez-le-feu relatif depuis 2022.
Les frappes saoudiennes, attribuées à un «gouvernement yéménite reconnu internationalement» (basé en Arabie saoudite et sans forces aériennes propres), ont été rapidement répliquées par Ansarullah. Le porte-parole militaire Yahya Saree a déclaré que l’Yémen ne souffrait plus de la phase de désescalade, tandis qu’un représentant coalition saoudienne a signalé l’interception d’un missile houthisien par les défenses aériennes saoudiennes.
L’objectif stratégique d’Ansarullah consiste désormais à bloquer le trafic maritime saoudien dans la mer Rouge, en ciblant directement les navires commerciaux et les installations pétrolières. Ce mouvement a permis au groupe de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, voie essentielle pour l’exportation saoudienne. L’Arabie saoudite avait auparavant utilisé son oléoduc Est-Ouest pour contourner les restrictions iraniennes, mais cette solution est désormais inutilisable.
Les résultats sont catastrophiques : près de 5 millions de barils par jour sont désormais contraints d’emprunter le canal de Suez, incapable d’accueillir les grands navires pétroliers (VLCC). Ansarullah a également réussi à isoler une zone étendue, incluant le port de Mocha et les îles frontalières, tandis que les forces saoudiennes se retrouvent piégées dans la ville de Taïz.
Les conséquences économiques sont désormais évidentes. Le prix du pétrole brut dépasse désormais 100 dollars le baril, les taux des bons du Trésor à dix ans s’échelonnent vers 5 % et l’inflation américaine reste stable à 3,4 %. Ces chiffres, combinés aux tensions dans la région, démontrent clairement que le conflit yéménite est devenu un facteur central pour les équilibres économiques mondiaux.
L’analyse des acteurs montre que cette situation est directement liée à la décision américaine de mener une guerre contre l’Iran, qui a déclenché une spirale de réactions militaires et économiques inédite dans le sud du monde.