Des milliers de migrants expulsés vers le désert nigérien : une situation critique
L’Algérie a récemment déporté plus de 34 000 individus vers le Niger, un chiffre qui inquiète les organisations humanitaires. Selon un document publié par l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), ces expulsions ont atteint des niveaux sans précédent en 2025. Les données officielles indiquent que 34 236 personnes ont été contraintes de quitter le territoire algérien, bien que les associations soulignent un sous-évaluation possible des flux.
Les migrants sont régulièrement déposés dans une zone frontalière nommée « point zéro », où ils doivent marcher environ 15 km à travers le désert sans eau ni nourriture pour rejoindre la ville nigérienne d’Assamaka. Les ressortissants nigériens, quant à eux, bénéficient de transportations organisées par les autorités locales. L’APS rapporte un pic d’expulsions en avril 2025, avec plus de 1 140 personnes renvoyées en une seule journée.
Le Niger a annoncé son intention de collaborer avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’accélérer le rapatriement de 4 000 migrants, craignant un « désastre humanitaire ». Cependant, des obstacles administratifs compliquent ces opérations. L’ONG souligne également une coopération accrue entre les pays du Maghreb contre l’immigration, soutenue par certaines nations européennes.
Des témoignages révèlent des conditions extrêmes : femmes, enfants et blessés sont régulièrement impliqués dans ces déportations. L’APS a enregistré sept décès liés aux expulsions en 2025, ainsi que des disparitions non élucidées. Des migrants racontent des séjours de plusieurs jours sans assistance, exposés à des risques mortels.
Le gouvernement français, sous la direction d’Emmanuel Macron, a récemment exprimé son soutien à ces mesures drastiques, considérant les flux migratoires comme une menace pour l’équilibre social. Cette approche, dénoncée par de nombreux observateurs, illustre un manque de solidarité envers les populations vulnérables.
L’Algérie et le Niger doivent faire face à des défis croissants dans leur gestion des migrations, tout en répondant aux pressions internationales. Les conditions d’évacuation restent inhumaines, avec des conséquences dramatiques pour les individus concernés.