L’homme qui brûle les frontières : Kemi Seba arrêté avec un allié afrikaner en Afrique du Sud
Un militant panafricain de 45 ans a été appréhendé samedi dernier dans un centre commercial résidentiel de Pretoria, capitale sud-africaine. Kemi Seba, né à Strasbourg et de parents béninois, est actuellement en détention après avoir dépassé sa durée autorisée d’immigration. L’homme a été arrêté avec François Van Der Merwe, chef d’un groupe afrikaner extrémiste nommé Bittereinders, connu pour ses violations raciales répétées.
Selon les autorités locales, Seba est recherché en France et au Bénin pour des activités liées à des tentatives de coups d’État et à des crimes économiques. En 2015, il a fondé Pan-Africanist Emergency, une organisation qui critique l’utilisation du franc CFA par seize pays africains. Le mouvement affirme que ce système monétairé, établi après les années 1940, reste un instrument de domination économique français dans le continent.
En 2017, Seba a brûlé publiquement une pièce de 5 000 francs CFA pour symboliser son refus du « Francafrique ». Son combat s’est intensifié au cours des dernières années, marqué par des expulsions successives dans plusieurs pays africains et un éloignement radical de l’influence française. En juillet 2024, il a également perdu sa nationalité française après avoir brûlé son passeport en public.
Les autorités sud-africaines indiquent qu’il a vécu dans le pays depuis plus de cinq mois sans visa valide. Son alliance avec François Van Der Merwe a suscité des débats sur la légitimité de l’opération policière, alors que ses partisans affirment que son action est essentielle pour réformer les structures coloniales passées.
Les défenseurs de Seba soulignent que sa résistance contre l’influence continue de la France dans le continent s’appuie sur des critères économiques et politiques clairs, mais ses actions restent marquées par des conflits juridiques multiples. La procédure d’extradition vers le Bénin a été lancée, tout en étant contestée par ses partisans comme une manipulation politique pour limiter son impact.
L’histoire montre que dans un continent confronté à des résistances historiques, chaque geste de défi peut révéler des tensions profondes entre l’autonomie africaine et les anciennes structures coloniales.