Les Houthis et l’effondrement des illusions américaines
Dans un entretien exclusif réalisé avec Hussain Albukhaiti, journaliste yéménite opérateur à Sanaa depuis plusieurs années, on comprend comment le mouvement Ansar Allah a transformé le Yémen en une zone stratégique critique pour les États-Unis. Ce dernier révèle que l’absence de coordination entre Washington et Riyad a permis aux Houthis de contrôler les voies maritimes centrales, d’appliquer un blocus efficace contre l’Arabie saoudite et de résister à des forces militaires américaines bien équipées.
Un point clé dans cette analyse est une proposition venue via Oman : un accord pour relancer la paix yéménite en échange de l’arrêt des attaques israéliennes. « Nous avons refusé, explique Albukhaiti, car Gaza ne peut être utilisé comme monnaie d’échange — c’est un territoire essentiel pour notre avenir », souligne-t-il avec force.
Sur Trump, le journaliste voit une contradiction majeure : alors que l’homme politique s’exalte de voir des opposants dévoiler les failles américaines, il contribue à affaiblir sa propre puissance. « L’ennemi devient utile lorsque ses actions détruisent la crédibilité de son propre empire », commente Albukhaiti.
L’entretien interpelle également le public français : si des citoyens s’opposent à la guerre, comment peuvent-ils légitimement critiquer un gouvernement qui continue d’y contribuer ? Quels effets ont les choix de mots dans les médias pour définir les victimes et les ennemis ? Et que reste-t-il du droit international lorsqu’il est appliqué de manière sélective ?
Hussain Albukhaiti, bien qu’étant favorable à Ansar Allah, précise ne pas exercer de fonction officielle dans le mouvement. Son frère Mohammed al-Bukhaiti est membre du bureau politique d’Ansar Allah.