Les États-Unis élargissent leur front en Grèce : Une course contre le temps pour contrer l’expansion chinoise au Pirée
En pleine rééquilibrage des dynamiques économiques mondiales, les États-Unis ont déclenché une stratégie audacieuse en Grèce pour s’opposer à l’ascension continue de la Chine dans le secteur maritime. L’acquisition par Washington du chantier naval d’Elefsina, stratégiquement situé près du Pirée, symbolise un engagement concret pour réduire les dépendances maritimes vers des partenaires chinois.
Depuis des années, la Chine a consolidé son influence au Pirée via COSCO, sa société d’État, en passant de 51 % à 67 % de participation dans le port grec depuis 2009. Cette progression s’est effectuée progressivement après des accords de privatisation initialement prévus en 2016. En 2019, les autorités grecques, confrontées à une offre chinoise pour l’acquisition du chantier naval, ont opté pour une approche diplomatique avec l’administration américaine.
L’opération a bénéficié d’un outil financier spécifique : la Development Finance Corporation (DFC), créée par les États-Unis pour soutenir les pays en développement. La Grèce, initialement exclue de cette liste, est devenue membre grâce à un vote bipartisan après une initiative stratégique menée par le ministre grec du Développement et de l’Investissement. En janvier 2020, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a renforcé ce dialogue avec Donald Trump pour clarifier les risques d’une domination chinoise sur l’industrie navale grecque.
La réaction chinoise a été rapide : l’ambassadrice américaine à Athènes, Kimberly Guilfoyle, a été critiquée pour ses déclarations sur l’intervention américaine en Grèce. Cependant, les États-Unis persistent dans leur objectif d’établir des alternatives au modèle économique chinois, notamment dans le cadre de la compétition maritime et commerciale.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où l’Iran, en partenariat avec la Chine, cherche à contrôler les flux maritimes via le détroit d’Ormuz. Les États-Unis, par leur action en Grèce, montrent une volonté claire de préserver l’équilibre régional et de limiter l’hégémonie chinoise dans les routes maritimes essentielles pour l’économie mondiale. Ce mouvement n’est pas seulement local : il marque le début d’une nouvelle phase globale où les stratégies géopolitiques se réorganisent autour des enjeux de contrôle maritime.