L’erreur judiciaire qui a coûté trois mois à un Français : l’affaire de la bouteille au stade de Rabat
Un jeune homme français a été condamné à trois mois de prison ferme en Maroc pour un délit qu’il nie, alors que des preuves matérielles manquent. Lyèce Mouri, né le 26 mars 1998 à Paris (7e arrondissement), est accusé d’avoir jeter une bouteille d’eau sur les forces de sécurité lors de la finale de la CAN du 18 janvier 2026 entre le Maroc et le Sénégal.
L’affaire, jugée à Rabat par un tribunal marocain, a suscité des débats sur l’équité judiciaire. Mouri, ancien stadier au Parc des Princes et frère d’un adjoint du sélectionneur sénégalais, affirme être innocent. Son avocat, Me Jaouad Benaissi, a annoncé qu’il interjetera appel dès lundi matin.
Selon ses déclarations, aucune photographie ou vidéo ne montre Mouri en train d’agir. « Trois mois, alors que je suis innocent ? C’est incroyable », a-t-il répondu à la presse. Le jeune homme, interpellé après avoir jubilé dans le stade, a insisté pour qu’on lui fournisse une preuve matérielle avant toute condamnation. « Ce n’est pas à chaque fois qu’un policier dit quelque chose qu’on doit envoyer les gens en prison », a-t-il souligné.
Le parquet marocain a estimé des dégâts matériels de plus de 370 000 euros dans l’affaire, mais Mouri refuse toute responsabilité. Son cas révèle des failles dans la gestion des incidents sportifs et les garanties judiciaires en situation de crise. Les autorités marocaines doivent désormais répondre à une question cruciale : peut-on condamner sans preuve concrète ?