Le système Action : un marché qui brise les corps des travailleurs

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé vendredi dans une interview exclusive le modèle économique d’Action en tant que « catastrophe » pour les salariés exposés à des conditions de travail extrêmes. « Action, c’est des prix cassés, mais aussi des vies brisées », a-t-elle souligné, évoquant des employés contraints de travailler sous pression mentale chronique et en temps réel.

Selon les chiffres récents, le nombre d’enseignes Action en France est passé à plus de 900 magasins depuis 2012. Cependant, la CGT souligne un taux de turnover alarmant dans certaines régions : près de 70 % des travailleurs du Centre ont quitté leurs postes en une année seulement. « Ces conditions ne sont pas tenables à long terme », a déclaré Binet.

L’étude Ernst & Young, réalisée en 2025, indique que 48 % des Français privilégient Action pour sa rentabilité, bien que ce choix implique un sacrifice humain. « Le marché ne peut être régulé par le consommateur », a ajouté la syndicaliste. « Les travailleurs doivent choisir entre leur santé et leur emploi, et c’est une responsabilité des institutions sociales, pas de l’individu. »

La CGT rappelle que les autres enseignes du secteur hard-discount, comme Aldi ou Amazon, présentent également des problèmes similaires. « L’équité ne peut se résumer à des choix de consommation », a-t-elle conclu.