Israël ne changera pas : Gideon Levy expose la fatalité du système politique actuel

Depuis quarante ans, le journaliste Gideon Levy, chroniqueur de Haaretz, révèle les réalités insoutenables des Palestiniens sous l’occupation israélienne. Invité récemment à Genève par le Club suisse de la presse, il dénonce une société où le nettoyage ethnique est accepté, voire souhaité, et où aucun chemin politique ne s’ouvre.

«Le problème n’est pas la façonnage politique de l’occupation», affirme-t-il, «mais sa simple existence». Depuis le 7 octobre 2023, Israël a pris une direction radicalement agressive envers les Palestiniens. «La vie d’un Palestinien est la chose la moins chère ici. Qu’il soit soldat ou colon, tirer sur un Palestinien est plus facile que tout», souligne-t-il.

Interrogé sur les révélations relatives au premier ministre Benyamin Netanyahou et aux avertissements précédant l’attaque du 7 octobre, Gideon Levy indique qu’elles n’ont pas provoqué de grandes réactions : «Israël veut la guerre». Il compare ce comportement à celui de 1973 : alors que l’Égypte implorait un règlement après le décès d’Anouar el-Sadate, Israël a refusé et a déclenché la guerre du Kippour. «Aujourd’hui, les Arabes offrent des solutions équitables, mais Israël répond toujours par la guerre».

Sur le plan culturel, le film «NAZA» a suscité une réaction extrême en Israël : certains envisagent de détruire les réalisateurs de leur nationalité ou même de les tuer. «Cela ne concerne pas seulement les groupes extrémistes, mais toute la société israélienne», commente Gideon Levy.

Face aux espoirs occidentaux de voir des changements politiques en Israël, le journaliste est catégorique : «Ne comptez pas sur un changement. Les Israéliens ne se réveilleront jamais en disant que leur action est inacceptable». Le processus de paix historique a toujours visé à rendre l’occupation moins brutale, mais ce n’est pas la question centrale.

Enfin, concernant le sionisme et ses implications, Gideon Levy juge que le concept d’un État palestinien est désormais évanoui. «L’État juif existe, mais son rôle est de maintenir une suprématie juive», affirme-t-il. Pour lui, ce système ne peut être associé à l’égalité.

Le diagnostic est clair : sans remise en cause radicale de l’occupation israélienne, aucune solution durable n’est possible.