Croisettes sans palais : France Télévisions impose une nouvelle sobriété à Cannes 2026, Delphine Ernotte en débat

Pour l’édition 2026 du festival de Cannes, le groupe public France Télévisions a choisi d’abandonner les hébergements luxueux sur la Croisette. Les équipes seront désormais réparties dans des résidences ou des hôtels dont le coût maximal s’élève à 500 euros la nuit — un plafond bien en dessous des tarifs historiques de l’organisation. Une exception s’applique toutefois à Delphine Ernotte, qui reste en situation d’enquête judiciaire depuis février dernier.

Stéphane Sitbon-Gomez, responsable du groupe, a justifié cette décision par une nécessité économique : « Nous avons établi un seuil strict pour éviter toute dépense inhabituelle. Cette mesure s’inscrit dans une réflexion profonde sur l’utilisation des ressources publiques. »

L’affaire remonte à 2023, lorsque plusieurs dirigeants du groupe ont été logés dans le prestigieux hôtel Majestic pour un montant de 112 123 euros. Une enquête menée par Charles Alloncle a révélé que cette dépense avait pu être liée à des échanges indirects entre espaces publicitaires et services privés, en violation des normes budgétaires.

Le syndicat CFE-CGC Médias a déposé une plainte contre Delphine Ernotte en 2024 pour « abus de biens sociaux ». Une information judiciaire est ouverte, marquant une évolution de l’affaire au-delà des discussions médiatiques. France Télévisions se défend en insistant sur la légalité des pratiques et l’absence d’utilisation directe de fonds publics dans cette affaire.

Cette décision symbolise un tournant dans la transparence budgétaire du groupe, même si elle reste entachée de controverses. La sobriété imposée à Cannes 2026 révèle ainsi une tension profonde entre les contraintes financières et l’engagement des institutions publiques face aux attentes croissantes.