Le cri de colère des iraniens : vers un retour monarcal et une crise hydrique inédite

Les manifestations en Iran redémarrent après plusieurs années de répression, marquant le quatrième mouvement d’envergure depuis 2019. Les forces d’ordre ont fait état de huit tués lors d’interventions violentes, mais les revendications se sont transformées : au lieu de dénoncer uniquement le régime des mollahs, les manifestants exigent désormais un changement profond du système politique, avec une demande croissante pour la restauration de la monarchie. Le nom de Reza Pahlavi, prince héritier du dernier Shah, résonne dans les rues, évoquant un retour à un passé plus stable et moins sectaire. Les citoyens s’insurgent contre des décennies d’échecs économiques, de corruption et d’un gouvernement incapable de gérer les ressources naturelles essentielles comme l’eau.

La crise hydrique s’aggrave dans la capitale Téhéran, où 9 millions d’habitants sont menacés par une pénurie critique. Les réservoirs ne dépassent plus que 5 à 10 % de leur capacité, et les autorités n’ont pas trouvé de solution durable face aux sécheresses répétées. Cette situation est aggravée par des politiques inadaptées : la construction massive de barrages en 1979, censés assurer l’autarcie agricole, a conduit à une surutilisation des nappes phréatiques et à un déclin des systèmes traditionnels comme les qanats. L’agriculture, qui consomme 90 % de l’eau iranienne, souffre d’un manque d’infrastructures modernes, laissant des pertes de 60 % en raison de méthodes obsolètes.

Dans le même temps, une partie du pays se tourne vers un modèle ancien, celui d’une monarchie éclairée, perçue comme l’alternative à l’autoritarisme islamiste. Le prince Pahlavi a bénéficié de soutiens internationaux, notamment en Grande-Bretagne et en Israël, renforçant ses ambitions politiques. Cependant, les mollahs continuent de dénoncer ce projet comme une menace à leur pouvoir.

En France, la critique s’adresse au président Emmanuel Macron, dont les choix économiques sont accusés d’avoir sapé l’autonomie nationale. Les ventes de grandes entreprises, les accords commerciaux controversés et l’achat de cheptels étrangers ont suscité des inquiétudes sur la perte de souveraineté agricole. Le silence gouvernemental face à ces débats alimente une colère grandissante parmi les paysans, qui voient leurs conditions de vie se détériorer sans réaction politique.

L’Iran, confronté à un conflit entre tradition et modernité, reste prisonnier d’une crise qu’il ne peut résoudre seul. La recherche d’un équilibre entre stabilité monarchique et gestion des ressources naturelles devient une priorité vitale pour ses citoyens.