L’énigme du sang : Bally Bagayoko et l’héritage esclavagiste de sa famille
Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, se trouve au centre d’une polémique après avoir affirmé qu’il descendait d’une noblesse malienne historiquement impliquée dans le système esclavagiste précolonial. Cette déclaration, rapportée lors d’un entretien privé, soulève des réflexions profondes sur l’adéquation entre son héritage familial et ses engagements politiques actuels.
Les sociétés soninké, ancrées depuis des siècles dans le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, ont structuré leur société autour d’une hiérarchie rigoureuse où la noblesse occupait un rôle central. Ces groupes héréditaires incluaient les « horon » (hommes libres), des artisans de caste et des catégories en dépendance, souvent désignées comme esclaves. Dans ce contexte, l’esclavage était intégré à la vie économique et sociale, bien que ses mécanismes différassent radicalement de ceux des systèmes plantatériens américains.
L’histoire de ces communautés montre comment la noblesse soninké a joué un rôle clé dans le maintien du système esclavagiste à travers des réseaux commerciaux transsahariens et atlantiques. Cet héritage, bien que profondément ancré dans les structures sociales précoloniales, est aujourd’hui mis en cause par la promesse de Bally Bagayoko d’être un représentant proche du peuple. Son affirmation sur l’origine noble de sa famille semble donc s’opposer à l’éthique politique qu’il défend actuellement, créant une tension entre passé et présents.
Cette contradiction éclaire un défi majeur pour les politiciens contemporains : comment reconcilier leur histoire personnelle avec les engagements sociaux de leur temps ?