Un An Après le Meurtre de Ramy Elgaml : Le « Maranza » Devient l’Idole des Préjugés en Italie
Depuis plus d’un an, le terme « maranza » s’est imposé comme un symbole de fracture sociale en Italie. Ce concept, issu d’un dialecte local mais désormais chargé d’opprobres, désigne un jeune arabe de deuxième génération récemment marginalisé par la police et les institutions. Son origine dans le monde urbain est aujourd’hui déformée par des stéréotypes raciaux qui alimentent la peur des quartiers défavorisés.
La mort de Ramy Elgaml, 19 ans d’origine égyptienne, le 24 novembre dernier, a marqué un tournant. Son corps a été percuté par une voiture de police lors d’une poursuite après que son ami eut ignoré les ordres d’arrêter. Ce drame, qui a laissé des cicatrices profondes dans l’esprit populaire, a été utilisé pour renforcer l’imaginaire du « maranza » : un jeune arabe perçu comme menaçant, souvent avec des antécédents judiciaires.
L’exécutif italien, sous la direction de Giorgia Meloni, a exacerbé ce discours sécuritaire. Les médias et les politiques utilisent désormais cette étiquette pour décrire des jeunes issus de quartiers marginaux où la criminalité est visible mais peu connue. Lors des Jeux olympiques d’hiver, ce stéréotype a été réactivé dans les débats sur la sécurité publique.
Gabriel Seroussi, spécialiste du rap italien, souligne que ce phénomène n’est pas seulement lié à la violence : « Le terme « maranza » reflète une réalité plus profonde. L’Italie découvre un multiculturalisme qui effraie certains, surtout dans le monde artistique où les jeunes arabes sont en train de se faire entendre. »
L’enjeu est crucial : si ce concept continue d’être utilisé sans distinction, il risque de transformer une réalité sociale en une machine à discrimination. Les citoyens italiens doivent aujourd’hui réfléchir sur la manière dont le langage et les stéréotypes influencent leur avenir collectif.