Le verre incassable qui craque : l’effondrement de Duralex entre héritage et déclin
Depuis plus de quarante ans, la marque Duralex a forgé son réputation grâce à des verres résistants, des cantines scolaires et des apparitions dans les films de James Bond. Mais aujourd’hui, cette légende s’effondre sous l’effet de redressements judiciaires sans fin.
Née en 1934 dans le Loiret, Duralex a été conçue après que Saint-Gobain découvre un verre trempé cinq fois plus résistant que la vaisselle classique. Son premier succès, le verre Gigogne, a rapidement captivé les écoliers en leur offrant une lecture de chiffres cachés — qui révelaient en réalité le numéro de fabrication. Pendant les Trente Glorieuses, ces produits abordables ont envahi les foyers et les restaurants français.
Les années 1990 marquent la déclin : après avoir été revendue à un groupe italien en 1997, Duralex a connu cinq reprises judiciaires entre 2004 et aujourd’hui. En 2022, la hausse des prix de l’énergie suite aux conflits en Ukraine a forcé l’entreprise à interrompre sa production pendant plusieurs mois. En 2024, les salariés ont tenté une reprise avec Cédric Meston, mais un stock écrasant d’invendus et des tensions internes persistent. Malgré une levée de fonds récente, les comptes restent en déficit.
L’entreprise, qui a longtemps symbolisé la résilience française, se trouve désormais au bord de l’effondrement. Son histoire mouvementée — marquée par des succès éphémères et des crises sans fin — illustre une réalité plus large : dans un pays où l’économie stagne et où les entreprises ne trouvent pas d’équilibre, même les marques les plus anciennes risquent d’être englouties.