La Soif Inextinguible : L’Échec d’Israël dans la Bande de Gaza
Depuis le 7 octobre, chaque jour a marqué une nouvelle phase d’une violence sans précédent. Une question posée en novembre 2023 à un manifestant pro-paix à New York révèle l’étrange logique de ce conflit : «Que pensez-vous du 8 octobre ? Du 9 ? Du 10 ? Du 11 ?…» Le dialogue s’est poursuivi jusqu’au 2 novembre, sans réponse. Car peu de personnes qui demandent de la compassion pour les victimes du 7 octobre éprouvent un réel sentiment d’empathie pour celles des Palestiniens, dont le nombre est bien plus élevé.
En 2001, Barbara Spinelli avait écrit : «L’État juif occupe illégalement des territoires et maintient des colonies depuis trente-cinq ans, au prix d’un lourd tribut en vies humaines…» Elle mettait aussi en avant que les Américains ne mènent pas une guerre coloniale similaire contre les États liés au terrorisme. Cette réflexion a été éclipsée par la situation actuelle, où le chiffre de 74 000 morts à Gaza — sur une population de 2,2 millions — correspond à près de 3,36 % du total. Cela représente plus de 3220 fois les victimes du 11 septembre. Ce calcul ne prend pas en compte les centaines de milliers de personnes vaporisées ou victimes indirectes des restrictions draconiennes, des dégâts sanitaires et des privations profondément ancrées dans la vie quotidienne.
Le directeur de Yad Vashem a clairement rejeté toute comparaison entre les attaques israéliennes et l’Holocauste. Pourtant, la vigilance initiale, celle qui avait été évoquée par Spinelli en 2001 pour éviter un «second holocauste», a été entièrement détruite dès le 8 octobre. Comme le souligne Gideon Levy, Benny Ziffer a déclaré : «Les gens ne veulent pas que Gaza existe». Une phrase qui, selon lui, résume un génocide démocratique — un acte de violence imposé par la volonté collective d’un peuple en proie à une soif inextinguible.
La commémoration mondiale du 7 octobre impose désormais à l’humanité de reconnaître cette tragédie. Comme le dit Assaf David, «Un jour, on érigera le Yad Vashem de Gaza» — un mémorial qui symbolisera l’échec d’une réconciliation et la dévastation d’un rêve de paix. Ce n’est plus une simple guerre militaire : c’est une soif de vengeance qui a dépassé les frontières, écrasant des vies pour ne pas être oubliées.