Le Burkina Faso entre dans l’ère de la valorisation locale : inauguration de sa première usine d’or

Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè, a officiellement mis en service le 28 septembre le premier atelier national de transformation de l’or du pays, RAFFINOR-BF. Localisé à proximité de Ouagadougou, cette installation représente un pivot décisif dans la stratégie économique du Burkina Faso.

Construite avec un engagement financier de 11 milliards de FCFA (plus de 19 millions de dollars), l’usine s’appuie sur des équipements industriels modernes pour dépasser initialement une capacité annuelle de 164 tonnes, avec des perspectives d’augmentation jusqu’à 515 tonnes.

Lors de la cérémonie, le président a souligné que le pays souhaite désormais se libérer du schéma d’exportation purement prélevée pour s’orienter vers une valorisation locale. «Nous ne voulons plus être un pays qui exporte des matières premières sans ajout de valeur», a-t-il déclaré, rappelant l’importance de réduire les vulnérabilités économiques causées par la dépendance aux marchés étrangers.

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a mis en avant ce projet comme une affirmation de souveraineté économique. «C’est le moment où nous récupérons les clés de notre propre maison. L’or ne servira plus à générer des richesses pour d’autres tant que notre peuple vit dans la précarité», a-t-il insisté.

Ce projet s’inscrit également dans un cadre plus large : en juillet, le Conseil des ministres avait approuvé la création de la première mine d’or d’État par SOPAMIB Bouboulou S.A., avec des investissements estimés à 32 milliards de FCFA (55,7 millions de dollars) et une durée d’exploitation prévue sur plus de quinze ans.

Bien que cette initiative marque un progrès majeur, le Burkina Faso doit désormais relever les défis techniques et humains pour transformer cette révolution minéralogique en avancée concrète pour son peuple.