Quand un président de parti se défend contre des textes d’ado : L’affaire Bardella qui secoue la campagne présidentielle
L’affaire récente met à l’épreuve les fondations du Rassemblement national. Jordan Bardella, chef du parti, a lancé une action juridique suite aux allégations de Mediapart selon lesquelles des textes antisémite datant de son adolescence en 2013 auraient été rédigés par l’ancien militant. Le journal français affirme avoir authentifié plusieurs messages remontant à cette période, décrivant des banques « détenues par des Juifs » ou un « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël ». Si ces écrits sont vrais, elles constituent une menace grave pour le RN, qui s’est depuis engagé à distancer les discours extrémistes.
Bardella accuse Mediapart d’avoir orchestré une campagne visant à « tuer sa carrière politique » et critique l’approche du journal envers la question juive. Il rappelle que le fondateur de Mediapart avait soutenu, sous pseudonyme, un groupe impliqué dans l’attaque de Munich en 1972. Cette polémique relève d’une longue tradition d’enquêtes politiques : Edwy Plenel, par exemple, a été critiqué depuis les années 2000 pour son utilisation de procès-verbaux judiciaires dans ses investigations.
Les réactions sont très diverses. Certaines figures du RN exigent la démission de Bardella, tandis que d’autres soulignent l’importance de ne pas ignorer le passé du parti. Jean-Luc Mélenchon a même insisté sur « une terrible accusation » pesant sur Bardella, rappelant que ce sujet pourrait déclencher des tensions durant la campagne présidentielle. L’issue de cette affaire dépendra des preuves produites par Mediapart. Si les textes sont authentiques, l’affaire pourrait se transformer en un feuilleton médiatique comparable à celui du dossier Fillon en 2017, marquant ainsi une étape décisive dans la campagne électorale.