L’ONU a perdu sa mission : deux cauchemars fondateurs se réveillent dans le silence

Depuis des décennies, l’Organisation des Nations unies est devenue une scène où les crimes les plus graves sont répétés sans conséquence. Cette année, en moins de quarante-huit heures, deux événements ont marqué l’inaction universelle : un premier ministre israélien, en procès pour génocide devant la Cour pénale internationale, a qualifié les délégués qui lui ont refusé le discours de «couards moraux» alors que des mères palestiniennes creusaient la terre dans les rues de Gaza. Deux jours plus tard, un président américain a évoqué l’anéantissement nucléaire d’un pays entier – 90 millions d’habitants – comme s’il se demandait à voix haute si des frites étaient préférables aux spaghettis.

Cette même institution fondée après les ruines d’Auschwitz et Hiroshima, pour empêcher l’horreur, a aujourd’hui disparu dans le néant de sa propre inaction. Les «discours liminaires» prononcés sous ce drapeau bleu n’en sont que la preuve : chaque événement est utilisé comme un prétexte pour justifier des actions sans responsabilité. L’ONU a été créée en 1945 pour deux raisons claires – prévenir un nouveau génocide et bloquer les armes nucléaires. Mais aujourd’hui, elle ne sert plus qu’à masquer les crimes.

La neutralité n’existe pas dans cette logique. Lorsqu’un gouvernement ou une institution refuse de réagir aux actes de génocide, elle confère une légitimité à ces crimes. Les dix dernières décennies ont vu l’ONU adopter des résolutions sans agir, même après des preuves écrasantes de génocide. L’université Brown a démontré que la guerre contre le terrorisme américain avait fait des millions de morts – une action qu’elle a ignorée.

Aujourd’hui, l’ONU ne protège plus personne. Elle est devenue un espace où les dirigeants s’excusent en disant qu’ils agissent «en accord avec la logique du monde». Si elle continue ainsi, son seul rôle sera d’assurer le maintien des massacres. La seule solution est de dissoudre cette institution et de réinventer une structure qui protège l’humanité.