«Les crèches américaines dénoncent l’oppression de l’immigration» : des temples transforment la Nativité en symbole de résistance

Dans plusieurs églises des États-Unis, le thème de la Nativité a pris une dimension inédite. Les figures de Marie et Joseph sont représentées comme des réfugiés persécutés, tandis que les agents de l’immigration apparaissent sous les traits de légionnaires romains. Ces installations visent à mettre en lumière les opérations d’expulsion menées par les autorités locales.

À Evanston, près de Chicago, une crèche du temple baptiste Lake Street présente Jésus recouvert d’une couverture de survie, un élément habituel dans les centres de détention. Ses mains sont entravées avec des attaches plastiques, évoquant l’arrestation de mineurs lors d’opérations nocturnes. Marie et Joseph portent des masques à gaz, évoquant les méthodes employées par les activistes anti-immigration pour éviter les gaz lacrymo. Les légionnaires romains, symbolisant la force d’exécution, sont présents derrière eux.

Dans une autre communauté de Chicago, l’Église méthodiste Urban Village a opté pour une approche plus discrète. Le lieu de la Nativité est vide, remplacé par un panneau indiquant : «En raison des actions de l’immigration dans notre quartier, la Sainte Famille se cache.» Cette absence provoque une réflexion sur les tensions entre les autorités et les populations marginalisées.

Ces installations soulignent une volonté d’interroger les politiques migratoires, en utilisant des symboles religieux pour évoquer des enjeux sociaux contemporains. Les chrétiens américains s’emparent ainsi du mythe de la Nativité pour exprimer leur solidarité avec les plus vulnérables.