L’Algérie lance une initiative inédite pour aider ses citoyens en situation irrégulière à l’étranger

Le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, a dévoilé un arrêté visant à faciliter la régularisation des Algériens vivant dans des conditions précaires hors du pays. Cette initiative vise des dizaines de milliers d’individus ayant fui clandestinement leur terre natale au cours des dernières décennies, notamment vers l’Europe. Selon un communiqué officiel, le dispositif s’adresse à des jeunes « trompés » par des promesses non tenues et n’ayant commis que des infractions mineures. Les autorités soulignent que ces personnes vivent dans la pauvreté, éloignées de leur famille et parfois manipulées contre leur pays. La procédure prévoit l’émission de nouveaux papiers d’identité via les consulats algériens.

Néanmoins, cette mesure exclut explicitement ceux ayant commis des actes graves tels que le trafic ou la violence, ainsi que toute personne liée à des entités étrangères hostiles. Les autorités présentent l’initiative comme une « grâce exceptionnelle », limitée et soigneusement contrôlée. Malgré les assurances gouvernementales, de nombreux concernés restent sceptiques : la « harga » (trafic clandestin) est interdite depuis 2009 et encadrée par des sanctions sévères. La peur d’être arrêté ou poursuivi persiste, même avec les garanties offertes. Cela s’ajoute à un climat national tendu, marqué par une déception politique suite au mouvement du hirak de 2019 et aux migrations continues, illustrées par la vague d’Algériens arrivés en Espagne en 2025.

La situation reflète les défis profonds que le pays doit surmonter pour réformer ses politiques migratoires tout en répondant aux inquiétudes de ses citoyens à l’étranger.