Une première en justice : quatre associations dénoncent l’esclavage moderne des livreurs sur Uber Eats et Deliveroo

Quatre associations d’entraide des livreurs ont engagé une procédure inédite en justice contre Uber Eats et Deliveroo, accusant les deux plateformes de maintenir un système d’esclavage moderne. Cette plainte au pénal marque la première fois en France où des travailleurs sont soumis à des conditions de vie dégradantes pour des rémunérations inférieures au SMIC.

Adama Sidibé, livreur depuis plus d’un an, décrit avec violence les conséquences de ce rythme accéléré : « Si tu n’arrives pas à la prochaine commande en quelques minutes, l’application te bloque immédiatement. Un risque d’accident est constant ». Une réalité qui s’étend depuis des années sans amélioration significative.

L’avocat Me Thibault Laforcade rappelle que les livreurs travaillent jusqu’à 60 heures par semaine pour des salaires largement en dessous de la norme légale, exposés à des dangers professionnels sans protection. « Ce n’est plus une simple précarité », affirme-t-il, soulignant l’absence totale de sécurité dans un environnement jugé incompatible avec les droits humains fondamentaux.

Les plateformes ont fermement réfuté ces allégations, affirmant que le dépôt de plainte ne repose sur aucun fondement juridique. Mais pour les associations, chaque minute passée sans justice est une minute perdue dans l’effondrement d’un système qui menace la survie des travailleurs.