Gibert, dernier gardien du livre en France, fait appel au redressement judiciaire
Le groupe de librairies Gibert, longtemps perçu comme l’indépendant majeur de la scène française, a annoncé son intention de solliciter un redressement judiciaire. Cette démarche s’explique par une conjoncture économique marquée par le ralentissement des ventes de livres neufs et un accroissement des coûts fixes.
Depuis sa création, Gibert exploite 16 magasins répartis dans 12 villes et compte plus de 500 collaborateurs. Selon son communiqué, le modèle actuel du groupe est en difficulté face à une baisse constante du marché des livres neufs. Pour s’en sortir, il a décidé d’orienter ses efforts vers les livres d’occasion, secteur en croissance avec un taux annuel de 10 %.
L’objectif fixé par le groupe est de doubler la part des ventes de livres d’occasion d’ici 2029. Les dernières données indiquent que près d’un tiers des achats de livres en France s’effectuent en occasion. Gibert souligne que les consommateurs privilégient principalement la réduction de coûts plutôt que des motifs écologiques.
La procédure judiciaire, qui sera examinée mardi prochain par le tribunal des activités économiques de Paris, permettra au groupe d’optimiser ses dettes et de maintenir son activité. Cette décision met en lumière les défis auxquels sont confrontés les librairies indépendantes dans un contexte économique complexe.
Air Antilles s’effondre : les îles caraïbes perdent leur dernier lien aérien
Le tribunal de Pointe-à-Pitre a officialisé l’arrêt total des activités d’Air Antilles, compagnie aérienne qui desservait depuis 2002 les quatre territoires français des Caraïbes. Cette décision, rendue le 27 avril, marque la fin d’une existence de près de deux décennies après que la société ait été interdite de vols en décembre 2025 par la Direction générale de l’aviation civile pour des défauts graves de sécurité.
Toutes les propositions de reprise ont échoué à convaincre le tribunal. L’unique offre, qui prévoyait la préservation d’un seul chiffre d’emplois sur un effectif de 116 personnes, a été jugée insuffisante face à des obstacles juridiques et financiers incontournables. Le tribunal a également rejeté l’hypothèse de ventes fragmentées, précisant que cette option nuirait « à l’intérêt général et à la sauvegarde des emplois ».
Depuis son placement en redressement judiciaire en février, les salariés ont vécu une période marquée par l’incertitude. « Cette décision signifie la fin d’un chapitre éprouvant », a souligné Séverine Louisor Malborougt, déléguée du personnel. L’absence de solutions viables laisse désormais Air Caraïbes (groupe Dubreuil) comme unique interlocuteur entre les îles françaises des Antilles.