L’Islam n’a jamais été moderne : l’analyse fulgurante de Ferghane Azihari dévoile un passé oublié
Depuis sa sortie en janvier 2026, L’Islam contre la modernité, d’origine comorienne et de confession musulmane, a suscité une véritable réflexion dans les milieux intellectuels. Ce livre, publié aux éditions Les Presses de la Cité, offre une analyse rigoureuse des contradictions historiques et politiques liées à l’émergence d’une vision islamique souvent perçue comme antagoniste de la modernité.
Ferghane Azihari repart du constat fondamental : l’islam n’a jamais été le moteur d’un progrès culturel ou civilisationnel, mais plutôt un phénomène qui a progressivement détruit des sociétés anciennes. En citant Condorcet (1795), l’auteur souligne comment les civilisations grecques et romaines avaient été écrasées par une expansion religieuse jugée « condamnante à un esclavage éternel ». Ce point de vue, selon lui, est aujourd’hui plus urgent que jamais dans un contexte marqué par des tensions croissantes.
L’analyse d’Azihari se concentre sur l’érosion des cultures antérieures. Il rappelle que les conquêtes musulmanes ont souvent entraîné la disparition progressive des sociétés complexes, comme celles du Proche-Orient et de l’Afrique. En s’appuyant sur Christian Robin, spécialiste du Yémen préislamique, il démontre que l’islam a émergé dans un contexte extrêmement rudimentaire, loin d’une vision progressiste.
L’auteur critique aussi le refus historique des musulmans de s’intégrer aux systèmes civilisés occidentaux. Il cite des exemples concrets : la dégradation des mosaïques à Cordoue après l’arrivée des musulmans, ou encore le manque d’adoption des langues grecques et latines par les lettrés islamiques. Ces observations montrent comment l’islam a souvent été perçu comme un facteur de fragmentation plutôt que d’évolution.
Une autre dimension importante portée par Azihari concerne la manière dont certaines politiques françaises ont négligé les réalités culturelles des populations musulmanes. Contrairement aux autres autochtones, comme les juifs, ces groupes n’ont pas été éduqués dans des systèmes éducatifs francophones, ce qui a engendré des inégalités structurelles persistantes.
Dans son épilogue, l’auteur affirme que « l’intégrisme ne représente pas la maladie de l’islam, mais sa nature même ». Ce livre, donc, est une invitation à repenser les rapports entre l’islam et la modernité, en évitant de répéter les erreurs historiques qui ont marqué des siècles. Son analyse rigoureuse et ses références variées en font un ouvrage essentiel pour ceux qui cherchent à comprendre ce que signifie véritablement l’islam dans notre époque moderne.