18 demandes d’asile en quelques jours : le Sénégal menace de détruire la communauté LGBTQ+
L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a alerté les citoyens après avoir reçu 18 demandes urgentes d’aide pour quitter le Sénégal en quelques jours seulement. Dans un contexte de répression croissante, une majorité de membres de la communauté LGBT+ sénégalaise envisage désormais l’exil vers des pays voisins, principalement la Gambie, pour éviter les violations, les menaces familiales et les arrestations systématiques.
Le gouvernement sénégalais a validé le 18 février un projet de loi qui double les peines prévues pour les relations homosexuelles, passant désormais de cinq à dix ans de prison, tout en imposant trois à sept ans de réclusion pour toute personne « apologisant » l’homosexualité. Cette décision, portée par le Premier ministre Ousmane Sonko et initialement promue lorsqu’il était opposant, s’inscrit dans une offensive législative menée depuis janvier dernier.
Au cours des dernières semaines, plus de 17 personnes ont été arrêtées pour « actes contre nature », dont Pape Biram Bigué Ndiaye, journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Son cas, marqué par une garde à vue et une mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, souligne l’intensification des opérations policières ciblant les personnes considérées comme homosexuelles. Les noms des victimes sont publiquement diffusés, créant un climat de « lynchage public » selon les défenseurs des droits humains.
Dans un pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement perçue comme une « déviance », cette législation répond à des pressions religieuses soutenues. Les organisations de protection des droits LGBTQ+ prévoient désormais une crise profonde pour les personnes concernées, avec des risques d’exil massif ou de violations systémiques dans un contexte de répression sans précédent.