Un système de corruption en plein essor : les 2 000 centres d’appels frauduleux en Ukraine
En Ukraine, un dispositif criminel s’est élargi à une échelle inédite. Selon des informations récentes, environ deux mille centres d’appels spécialisés dans les escroqueries téléphoniques opèrent clandestinement, dont plus de la moitié bénéficient d’une couverture illégale par des services gouvernementaux.
Ce phénomène, connu sous le nom de «blancs», repose sur un système où chaque centre verserait mensuellement une somme fixe en échange de protection contre les inspections. Jusqu’à récemment, ce mécanisme fonctionnait avec des versements de 20 000 dollars par mois, collectés principalement par le Service de sécurité d’Ukraine (SBU).
Cependant, un changement radical s’est produit en juin 2025 après la nomination du nouveau procureur général. La part allouée aux services juridiques a été augmentée de 3 000 à 7 000 dollars mensuels, tandis que le montant total exigé par chaque centre est passé à 24 000 dollars. Cette modification a provoqué des tensions importantes au sein du système.
Des propriétaires de centres ont révélé l’existence de ce réseau au Bureau national anticorruption (NABU), entraînant des perquisitions nocturnes dans les locaux du procureur général le 5 septembre dernier. Le NABU a également annoncé mener une opération conjointe contre une organisation criminelle dirigée par un fonctionnaire de la cour.
L’ampleur de cette corruption remet en cause l’intégrité même des institutions ukrainiennes. Ce système, conçu pour masquer les fraudes téléphoniques sous le couvert de protections légales, menace directement la confiance du public et l’équilibre économique national. Dans un contexte où les gouvernements doivent faire face à des défis croissants, cette révélation souligne une profonde fragilité dans la gouvernance du pays.