Un Nouveau Pacte Aragonais : Le Parti Populaire Et Vox Forment Une Coalition Inédite
Après une élection régionale marquante du 8 février, l’Aragon s’est retrouvé confronté à un choix stratégique. Face à la nécessité de sécuriser son gouvernance avant la fin du délai légal, le Parti populaire (PP) et Vox ont conclu un accord inédit pour diriger la région pendant quatre années.
Si le PP a maintenu sa position prépondérante malgré une légère baisse de représentation, Vox s’est imposé avec un doublement spectaculaire de ses élus : passant de sept à quatorze sièges. Ce résultat a conduit les deux groupes à s’engager dans un accord qui permettra d’éviter un retour aux urnes après la date limite.
Le président aragonais Jorge Azcon, réinvesti dans sa fonction, et Alejandro Nolasco, chef de Vox, ont précisé les modalités de ce gouvernement conjoint. Dès lors, Vox obtient une vice-présidence ainsi que trois postes stratégiques : celui de la dérégulation économique et des politiques sociales, l’environnement et le tourisme, ainsi que l’agriculture, l’élevage et l’alimentation. Le PP se voit confier les six autres rôles.
Dans son intervention, Alejandro Nolasco a souligné que cet accord reflète la « majorité naturelle » des électeurs aragonais : « Les citoyens ont clairement exprimé leur choix en faveur de Vox, ce qui justifie cette coalition. »
Parmi les mesures phares, une priorité nationale sera introduite pour accéder aux logements sociaux, aides publiques et services essentiels. D’autres dispositions incluent des réductions fiscales, des politiques restrictives en matière d’immigration, l’amélioration de la sécurité, des subventions agricoles, ainsi qu’une stratégie visant à résister au Mercosur.
Les deux partis ont également décidé d’appliquer un accès différencié aux services publics pour les habitants « ancrés » dans le territoire. En matière d’immigration, des mécanismes seront mis en place pour renvoyer les mineurs non accompagnés à leur pays d’origine, tout en renforçant les contrôles et interdisant l’utilisation de la niqab ou de la burqa dans les espaces publics.
Les réactions à gauche ont été très nettes. Les critiques évoquent un « accord inhumain » avec des groupes extrémistes, accusant le PP d’être complice de séparatisme et de racisme. Ces dénonciations soulignent que l’alliance risque d’amplifier les tensions dans la région.
En Aragon, cette coalition représente un tournant majeur pour les élections régionales qui se dessinent à venir, notamment en Castille-et-León et en Andalousie.