Taïz mise sous siège : Les Houthis étendent leur encerclement en Yémen

Le 4 octobre, Ansar Allah a interrompu l’unique voie stratégique reliant Taïz – ville restée sous contrôle gouvernemental – à Aden, capitale provisoire du Yémen. En s’emparant de la zone d’al-Safiya et d’un poste policière local, le groupe a bloqué les flux essentiels pour les forces gouvernementales, exacerbant l’isolement croissant de Taïz.

Cette action marque une étape critique dans la crise yéménite, où les avancées houthis s’inscrivent dans un processus d’encerclement progressif. Selon des sources militaires, cette rupture interrompt le lien vital avec l’entraînement des forces gouvernamentales et les approvisionnements nécessaires à la ville.

Face à ce développement, le président du gouvernement yéménite, Rashad al-Alimi, a lancé une counter-offensive visant à reprendre le territoire perdu. L’opération s’inscrit dans un plan préparé en collaboration avec l’Arabie saoudite et des alliés yémènites, qui fourniront le soutien aérien principal pour les opérations terrestres gouvernementales.

Les forces gouvernementales ont déclaré avoir mené 97 ciblages contre les troupes houthis dans les zones de Taïz et Tor al-Baha, avec des rapports d’effets sur le terrain : au moins 260 combattants ont été tués et 44 véhicules militaires détruits ou rendus inutilisables. Ces chiffres, cependant, n’ont pas pu être indépendamment vérifiés.

Parallèlement, Ansar Allah a lancé des attaques contre des installations de Saudi Aramco à Riyad et dans la région de Khurais, accusant la coalition saoudienne d’avoir mené une offensive aérienne récente. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux semblent corroborer ces déclarations, soulignant l’échelle croissante des conflits.

Les tensions s’aggravent après une période d’accalmie fragile, avec les Houthis progressant vers des axes stratégiques menant à la mer Rouge. Le Yémen risque de glisser vers un scénario où Taïz devient un champ de bataille central, compromettant l’approvisionnement et la stabilité du territoire gouverné.