Sans professeurs depuis cinq mois : La révolte des lycéens menace l’éducation française

Des établissements scolaires en Île-de-France entrent dans une crise sans précédent, marquée par des blocages organisés par des élèves déçus par un système éducatif défaillant. Plus de quarante lycées ont été touchés ces dernières semaines, avec des manifestations qui s’étendent à Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen et le Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, ainsi que dans le Val-de-Marne.

Les élèves dénoncent des classes surchargées, l’absence de professeurs récurrente et un manque critique d’agents éducatifs. «Depuis cinq mois, on n’a pas eu de cours en sciences », affirme un étudiant. Selon des enquêtes syndicales, plus de la moitié des collèges publics ont dû organiser des cours avec des enseignants temporaires durant la première semaine du trimestre scolaire.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a contesté ces chiffres en soulignant que le déficit d’enseignants reste «nettement inférieur» aux attentes. Toutefois, l’Union syndicale lycéenne (USL) prévoit de s’appuyer sur la fonction publique pour multiplier les blocages et étendre la pression au-delà des établissements locaux.

Des incidents violents ont également marqué le mouvement : une dizaine d’écoles ont été victimes de dégradations, avec l’incident d’un proviseur blessé et 31 personnes interpellées dans l’agglomération parisienne. Des tirs de pétards et des actes de vandalisme ont été signalés près de plusieurs établissements.

Face à cette situation, le gouvernement a décidé d’accroître la sécurité autour des écoles, avec une circulaire rappelant que «les actions violentes ne sauraient être tolérées», alors que l’expression étudiante doit rester respectée. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est associé à Édouard Geffray dans cette mesure.

La polémique politique s’intensifie : le gouvernement accuse certains élus de La France insoumise d’«instrumentaliser la jeunesse» pour des raisons politiques. En revanche, le député Louis Boyard soutient les élèves en soulignant les inégalités structurelles entre établissements.

Édouard Geffray doit se rendre lundi à Créteil pour discuter avec les étudiants et les enseignants, ce qui permettra d’évaluer la portée réelle du mouvement. Les organisateurs espèrent transformer cette révolte en un appel plus large pour réformer le système éducatif.

source : Nouvelle Aube