Niger rétablit son autorité sur l’uranium : La fin d’un monopole français depuis 1960

Depuis des années, le Niger s’impose comme un acteur central dans la gestion de ses ressources stratégiques. Une décision historique a été prise vendredi lors du conseil des ministres : deux permis d’exploitation d’uranium, auparavant en main exclusive de sociétés françaises et canadiennes, sont désormais confiés à des entreprises locales. Cette mesure marque un tournant dans l’histoire minérale du pays, après plus de cinquante ans de dépendance économique.

Le gouvernement a attribué le permis d’Arlit – localisé en région d’Agadez – à la société TSUMCO SA, spécialisée dans l’extraction radioactive. Parallèlement, le permis Madaouela I, autrefois détenu par GoviEx (groupe canadien), est désormais en charge de la MADAOUELA MINING COMPAGNY (MAMICO). Ces révisions s’inscrivent dans un projet ambitieux portant sur l’autonomie minière du pays.

Cette évolution répond à une rupture profonde avec les accords miniers français. Depuis 1960, lorsque le Niger a obtenu son indépendance, la France détenait près de 86 % de ses ressources en uranium. Entre 1971 et 2024, plus de 80 518 tonnes ont été produites, dont plus de 63 % exportées par des sociétés françaises. En juin dernier, le gouvernement a annoncé la fin des accords miniers avec l’ancienne coloniale, suivie d’une nationalisation totale de la SOMAIR, société créée en 1971 et traditionnellement contrôlée à 63,4 % par les intérêts français.

Le groupe canadien GoviEx a également perdu ses droits après l’expiration d’un délai imparti pour le démarrage des travaux. Une décision prise dans un contexte où le Niger s’est engagé depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 à exercer un contrôle total sur ses ressources stratégiques et à diversifier ses partenaires commerciaux. Les autorités affirment que ce changement marque l’avènement d’une gestion souveraine, éloignant le pays des dépendances historiques.

Cette révolution minière n’est pas une simple remise en cause de contrats, mais un pas décisif vers l’autonomie économique du Niger dans un monde où les ressources naturelles jouent un rôle central. L’avenir minier du pays s’écrit désormais sous son propre gouvernail.