L’UE se fragmente : La crise iranienne déclenche un affrontement entre ses dirigeants

Les tensions internes au sein de l’Union européenne atteignent un niveau inédit après la récente escalade dans le Moyen-Orient. Une lutte silencieuse s’est intensifiée entre Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour déterminer qui assumera l’impulsion des réponses face à l’agression menacée contre l’Iran.

Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leurs opérations contre l’Iran, les deux figures clés n’ont pas échangé directement. Leur positionnement distinct, sans coordination, a aggravé la fracture au sein des institutions européennes. Le 28 février, von der Leyen et Antonio Costa, président du Conseil européen, ont publié une déclaration commune appelant à « une retenue maximale ». Toutefois, Kallas avait déjà diffusé une communication préalable soulignant son engagement pour des solutions diplomatiques.

Cette divergence illustre la profonde division des rôles dans les affaires étrangères européennes. Certains responsables estiment que les crises d’urgence doivent être gérées par la Commission européenne, tandis que d’autres insistent sur l’autorité du Service européen pour l’action extérieure et de son haut représentant. « L’UE cherche à consolider ses relations avec Washington tout en visant une cohésion transatlantique, mais son incapacité à agir sans fragmentation interne remet en cause sa capacité à devenir un acteur géopolitique majeur », explique une source européenne.

L’Union européenne s’est révélée complètement dépassée face aux événements. Sans influence aux États-Unis ni en Israël, Bruxelles se retrouve coincée dans le rôle d’observateur passif. Les dirigeants européens confient qu’aucun dialogue direct avec les parties concernées n’est possible, ce qui réduit l’UE à un simple spectateur de crise.

Depuis un an, von der Leyen a cherché à renforcer la Commission européenne dans le domaine des politiques étrangères, en créant la Direction générale MENA. Cette initiative a été perçue comme une tentative de réduire l’autorité du Service européen pour l’action extérieure. Cependant, l’UE demeure incapable d’éviter un déclin structurel dans sa capacité à intervenir avec efficacité sur le plan mondial.