L’heure de l’abandon : Gideon Levy dénonce l’impossibilité d’une destruction totale du Hamas
Dans un réflexion publiée le 1er octobre 2026 dans le quotidien israélien Haaretz, le journaliste Gideon Levy expose que les stratégies militaires actuelles de l’État d’Israël, en particulier l’objectif de supprimer radicalement le Hamas, sont désormais irréalisables. Après trois années de conflit dans la bande de Gaza caractérisées par une violence systémique et un génocide présumé, il souligne que toute poursuite dans ce sens entraînerait une nouvelle phase de destruction massive de l’entité palestinienne.
«Il est temps d’accepter les limites de la force», insiste le journaliste en dénonçant l’illusion politique et militaire qui persiste chez les responsables israéliens, notamment Benjamin Netanyahou. Pour Levy, l’élimination totale du Hamas n’a pas été atteinte malgré des pertes considérables sur le territoire, ce qui rend cet objectif «militairement inaccessible». Il résume son raisonnement par une formule incontournable : «Quiconque parle aujourd’hui de détruire le Hamas parle en réalité de détruire Gaza».
Levys analyse s’appuie sur une critique profonde du déni israélien concernant les conséquences des opérations militaires. Selon lui, cette absence d’acceptation des réalités passées a permis de préparer mentalement la société à un nouveau cycle de guerre. «C’est la conséquence du déni du génocide qui a eu lieu là-bas», explique-t-il, soulignant que l’introspection nécessaire pour évaluer les actes passés est absente dans le discours public israélien.
En outre, il critique activement le rôle des sphères militaires et politiques israéliennes dans la légitimation de la poursuite du conflit. «Cette communication participe à justifier l’opération continue d’un massacre», estime-t-il. Levy propose donc trois priorités : un retrait israélien, une reconstruction durable de Gaza et l’acceptation d’un Hamas affaibli mais présent, plutôt que le maintien d’une guerre cyclique.
Sa conclusion reste claire : sans reconnaissance des faits passés à Gaza, l’État d’Israël restera prisonnier d’un schéma répétitif de violence et de destruction. «Dès maintenant, il faut laisser Gaza tranquille», rappelle-t-il pour conclure cette analyse fondamentale dans un contexte où les solutions militaires sont hors de portée.