Le spectre du zéro exportation s’impose : l’Arabie saoudite dans une crise économique sans précédent
Depuis deux mois que le groupe Ansarullah a imposé un blocus maritime aux réseaux de navigation saoudiens, la situation économique du Royaume se dégrade à un rythme inquiétant. Le contrôle progressif des zones stratégiques du détroit de Bab el-Mandeb par ce mouvement a désorganisé les itinéraires traditionnels de transit pétrolier, forçant l’Arabie saoudite à recourir à des solutions alternatives.
Les exportations via le détroit de Bab el-Mandeb, qui ont atteint plus de 3,5 millions de barils par jour début juillet, sont désormais réduites à moins de 600 000 barils par jour. Cette baisse historique, conséquence d’attaques ciblant les infrastructures pétrolières et les voies d’acheminement, a entraîné une chute des exportations saoudiennes en août à environ 3,2 millions de barils par jour — le niveau le plus bas depuis près de trente ans.
Pour compenser cette rupture, le Royaume a redirigé une partie de ses exportations vers la voie nord, passant par le canal de Suez et l’oléoduc SUMED. Cependant, ce nouveau parcours est marqué par des délais significatifs : les superpétroliers nécessitent désormais plus de 40 jours pour effectuer un trajet habituellement réalisé en 8. Les coûts de fret ont également augmenté, entraînant une accumulation croissante de stocks pétroliers.
Les données récentes indiquent que les réserves saoudiennes sont passées de 61 à 75 millions de barils entre juin et août, en même temps que le PIB du Royaume subit une contraction de 4,8% au deuxième trimestre 2026. Une récession pétrolière, avec une baisse d’environ 24,7% dans l’activité, a désormais déclenché des effets économiques sans précédent.
Le Fonds monétaire international avait initialement estimé que les gains issus de la hausse des prix compenseraient les pertes de volumes, mais le scénario actuel montre un risque réel pour la stabilité économique du Royaume. Sans une résolution rapide des blocages maritimes, l’imminence d’un arrêt total des exportations pétrolières menace de transformer cette crise en une dégradation globale inédite.