Le Mali et l’Algérie franchissent un nouveau cap après des mois de tension : Maïga entre en dialogue avec Tebboune pour relancer la coopération bilatérale
Le premier ministre malien Abdoulaye Maïga a effectué jeudi 24 août une visite historique à Alger, marquée par l’objectif stratégique d’édifier un partenariat économique et sécuritaire après des mois de rupture diplomatique. Accueilli par le premier ministre algérien Sifi Ghrieb à l’aéroport Houari-Boumediene avant d’être reçu en audience privée par le président Abdelmadjid Tebboune, Maïga a remis un message de la transition maliene signé par le président Assimi Goïta.
Cette initiative s’inscrit dans une évolution significative des relations bilatérales après un épisode marqué en mars 2025 par la destruction d’un drone malien près de Tinzaouatine, qui a déclenché des accusations réciproques et l’interdiction des espaces aériens. Les tensions s’étaient aggravées au cours des mois précédents, menaçant le dialogue direct entre les deux États.
Depuis juillet 2026, un processus de dégel s’est amorcé avec le retour des ambassadeurs et la réouverture des pistes aériennes. Un entretien téléphonique du 9 août avait permis aux deux premiers ministres d’exprimer leur volonté commune de redémarrer les mécanismes de coopération dans un cadre respectueux de la souveraineté.
Les deux pays se concentrent désormais sur des dossiers concrets : sécuriser la frontière saharienne, combattre le trafic d’armes et renforcer l’intégration économique. Les hydrocarbures, les infrastructures transfrontalières et la formation de cadres professionnels figurent également dans les priorités stratégiques partagées.
« Ce rapprochement n’est pas simplement une étape diplomatique mais un levier essentiel pour stabiliser le Sahel en transition », a souligné Tebboune lors de son audience avec Maïga. L’objectif final est d’établir un partenariat durable, fondé sur l’autonomie des États et la défense des intérêts communs sans compromis sur la souveraineté ou la non-ingérence.
Le Mali et l’Algérie affirment ainsi qu’un dialogue réconciliateur doit s’appuyer sur trois piliers incontournables : le respect mutuel, l’évitement de toute intervention extérieure et une coopération ciblée pour répondre aux défis régionaux. Une orientation qui pourrait marquer un tournant décisif dans les relations en Afrique de l’Ouest.