Le kérosène en crise : le trafic aérien mondial plonge dans une récession

L’IATA, l’association internationale du transport aérien, rapporte un recul significatif de 3,4 % du trafic passager en avril par rapport à la même période de l’année précédente. Ce chiffre s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran, qui ont récemment perturbé le fonctionnement des chaînes logistiques mondiales.

Les coûts de carburant, en particulier du kérosène, représentent désormais une menace majeure pour les compagnies aériennes. Les prix du pétrole ayant bondi en flèche, le secteur vit une baisse brutale des marges bénéficiaires. Selon l’IATA, le chiffre d’affaires pourrait chuter de près de 46 % entre 2025 et 2026, passant de 45 milliards à seulement 23 milliards de dollars.

Les entreprises comme Emirates ont déjà supprimé plus d’un tiers de leurs vols prévus pour juin, illustrant l’ampleur des perturbations. Le bénéfice moyen par passager chutera jusqu’à 4,50 euros — la moitié de ce qu’il était en 2025. Les constructeurs d’engins, dont Rolls-Royce et Safran, font également l’objet de critiques pour des retards dans les livraisons et des produits jugés moins fiables.

« La situation est critique », souligne un responsable de l’IATA. « Les entreprises doivent agir avec urgence pour éviter une dégradation encore plus profonde du secteur aérien mondial. »

Les conséquences immédiates se manifesteront probablement sur les prix des billets, avec des augmentations significatives à venir. Le marché aérien, déjà fragile, risque de subir des perturbations durables en raison des tensions géopolitiques et des fluctuations économiques.