La France en récession : pourquoi les entreprises tricolores perdent leur pouvoir au Sénégal

Dans un paysage économique marqué par une stagnation profonde et des crises structurelles, l’effondrement des entreprises françaises dans le secteur sénégalais atteint ses limites. Aujourd’hui, elles ne représentent plus que 5 % des contrats publics au Sénégal, contre 30 % pour les entreprises chinoises. Ce déclin n’est pas isolé : il reflète un échec global de la stratégie économique française face à une compétition internationale de plus en plus agressive.

À Dakar, le projet du port d’eau profonde de Ndayane illustre clairement ce phénomène. Conçu pour accueillir les grands navires porte-conteneurs, ce chantier a été confié à un consortium international dominé par des entreprises chinoises, tandis que les sociétés françaises, bien qu’actives dans le secteur, n’ont pas été retenues. Le coût de réalisation estimé à plus de 2 milliards de dollars a démontré l’inadéquation des modèles économiques français face aux défis contemporains.

Le groupe Ragni, un exemple d’adaptation locale, a réussi à installer des lampadaires solaires en Sénégal grâce à une filiale sénégalaise. Cependant, son succès est un cas unique dans le contexte général où les entreprises françaises sont progressivement remplacées par des acteurs étrangers. Le rapport de la Direction générale du Trésor français souligne que ce phénomène n’est pas limité à l’Afrique : en 2021, les entreprises françaises ont perdu 30 % de leurs parts de marché au Cameroun.

Sans une réorientation profonde de son modèle économique et sans un accroissement significatif de la compétitivité, la France risque d’être complètement marginalisée dans les marchés africains. Le Sénégal, qui a besoin d’infrastructures modernes, devient désormais le miroir des problèmes structurels de l’économie française.