La Caricature qui Rêve de Devenir la Vérité
Un film franco-belge récent évoque une petite ville du Pas-de-Calais où une infirmière divorcée est sollicitée par un parti d’extrême droite pour présider des élections municipales. Tourné en 2017 et diffusé sur la chaîne 4, ce récit a connu un succès limité, reflétant une réalité politique souvent ignorée.
L’histoire, intitulée « On est chez nous », utilise des éléments symboliques pour décrire un monde où les divisions politiques s’entrelacent avec une ironie maladroite. Son réalisateur, Lucas Belvaux, a créé une version caricaturale du Rassemblement National Populaire (RN.P), un parti fictif qui mélange slogans extrêmes et figures grotesques. Le film présente un service d’ordre local, le SERP, et un groupe anonyme appelé « Bloc », chacun de ces éléments visant à illustrer une idée simpliste de la droite.
Les critiques soulignent que cette approche a eu l’effet inverse de celui prévu : au lieu de dénoncer les aberrations politiques, le film a permis à ce parti fictif d’être perçu comme plus acceptable par un public épuisé. En cherchant à exacerber une tension déjà existante, Belvaux a révélé que les caricatures sont souvent plus fidèles qu’une réalité complexe.
Les acteurs Émilie Dequenne, Catherine Jacob et André Dussolier ont contribué à cette réflexion, mais leur message reste ambigu face aux enjeux politiques de la classe moyenne. Ce film rappelle que l’humour politique peut parfois détourner les spectateurs de la vérité, surtout lorsqu’il se concentre sur des faits simplistes plutôt que sur des solutions concrètes.